samedi 4 mai 2013
Solution du 7eme problème.
Le terrain entre Drossen et Kunersdof, une fois que ce dernier point est perdu, n'offre nulle part un champ de bataille favorable pour le Corps de l'Est. L'ennemi est supérieur en nombre. Une base proche et large lui permet une grande liberté de mouvements.
Tous ces désavantages peuvent uniquement être compensés si le Corps se rapproche à nouveau de Posen.
On ne cherchera donc pas la bataille aujourd'hui, mais l'on commencera dès que possible une retraite en bon ordre.
Mais au préalable la 1ere Division doit nécessairement être ralliée, et si cela ne peut être réalisé, il faut tenter une bataille à cet effet.
L'ennemi à marché 14km avec son infanterie, 21km avec son artillerie et sa cavalerie; il a deux à trois brigades en action; vers midi il n'a toujours pas débouché du bois. Il est donc peu problable qu'il puisse effectuer quelquechose de décisif aujourd'hui. Mais cela reste possible, et l'on doit rester complètement prêt à l'action.
Le Corps de l'Est, dans ces circonstances, a l'avantage non négligeable d'avoir deux divisions intactes regroupées, alors que l'ennemi doit nécessairement avancer dans le bois en colonnes séparées. Si le Corps de l'Est divise lui aussi ses forces, il perd le seul avantage qu'il a.
Le Corps, doit donc resté concentré et prêt pour l'action.
Si l'ennemi avance par beaucoup de routes, il débouchera sur un front d'autant plus étendu; S'il n'utilise que quelques routes, ses colonnes auront d'autant plus de longueur. Dans le premier cas il aura besoin de temps pour se réunir, dans le second pour déployer ses colonnes.
Mais il s'agit juste de gagner du temps.
Si la 1ere Division a rompu l'action au bon moment, elle est capable de retraiter pas la route de Drossen, et la jonction sera effectuée sans difficulté.
Si au contraire, elle est repoussée loin sur Bischofsee, il lui faudra une à deux heures pour effectuer sa jonction avec le corps principal, et il faut lui procurer ce temps.
A partir ce cela les mesures suivantes sont prises :
L'Avant Garde (3 bataillons, 4 escadrons et 2 batteries) continue à avancer sur la route de Kunersdorf, mais reçoit l'ordre de faire halte au Schweden-Damm et d'occuper le pont à ce point et à Scheibler. Le détachement de la 1ere Division reste à Sorge. Ces deux formations sont renforcées chacune par une 1/2 batterie d'artillerie montée sous l'escorte de deux escadrons chacune.
L'objet n'est pas tant de prévenir le débouché de l'ennemi que de le rendre difficile, de le retarder, et de trouver où ce dernier arrive avec sa force principale.
Si le mouvement tournant de l'ennemi doit faire un balayage plus large sur la droite, c'est juste ce que l'on peut désirer.
Tout le reste du Corps, 9 bataillons, 20 escadrons et 6 batteries, restera sur la position de rendez-vous à Kobert.
La 1ere Division, partout où elle peut avoir traversé le Fliess, recevra l'ordre de se retirer sur Zohlow. Une partie de la Division de Cavalerie est disponible si elle a besoin d'un support direct.
La retraire commence dès que la 1ere Division approche de Zohlow.
Les trois Divisions (c'est à dire les deux Divisions d'infanterie et celle de cavalerie) se réuniront à Zohlow.
L'Arrière Garde sera composée de la 4eme Brigade d'Infanterie, de l'ensemble de la Division de Cavalerie, et de trois batteries d'artillerie montée. Elle suivra le corps principal à portée d'artillerie. Tous marchent en ordre de bataille. Les colonnes de route ne seront formées que quand la pression de l'ennemi aura cessée.
vendredi 3 mai 2013
Solution du 6eme problème.
Quartier Général, Frankfurt/Oder
Soirée du 12 mars
Le Corps de l'Est s'est déplacé de nuit à Drossen, une division prenant position à Kunersdorf. Cette division sera attaquée sans délai demain matin.
La 1ere Division doit retenir l'ennemi de front à Kunersdorf, la 4eme Brigade l'attaquera par son flanc gauche. La 3eme brigade ouvrira le passage par le bois pour la Cavalerie, et sécurisera son débouché dans la plaine de Zohlow.
A cet effet la 1ere Division se formera derrière les Laudons Grund (jonction de la grande-route vers Kunersdorf et de la route de Trettin) et avancera à 9h30 contre Kunersdorf.
La réserve d'Artillerie recevra ses ordres de la 1ere Division, aux mouvements de laquelle elle se conformera
La 4eme Brigade d'Infanterie partira à 8h de Chausseehaus près du cimetière juif (Judenkirchhf) par la route de Crossen; à 1000 pas de la Chausseehaus, elle incline sur la gauche, tourne la chaîne de lacs et de marais s'étendant au sud de Kunersdorf, et s'avance pour attaquer l'aile gauche de l'ennemi à travers la Frankfurter Forst.
La 3eme Brigade se divise en deux colonnes.
Le 3eme Régiment d'Infanterie et la batterie suivent immédiatement la 4eme Brigade sur la grand-route à travers le Schwetiger Revier, et de là marchent sans s'arrêter par le trajet rectiligne menant à la ferme de Scheibler (près du lac Scheibler See).
Le 3eme régiment de la Landwehr et la cavalerie divisionnaire marchent à 8h par le Grund Schaferei le long des chemins du Schwetiger Revier, suivent ensuite le chemin marquant la frontière entre les fôrets de Frankfurt et de Neuendorf (Königl. Reppensche) vers Sorge.
La 3eme Brigade occuppe le Schweden-Damm, Sorge et le petit bois près du lac Birken.
La Division de Cavalerie, renforcée par deux batteries d'artillerie montée de la Réserve, suit immédiatement la 3eme Brigade d'Infanterie, la 2ème Brigade de Cavalerie derrière le 3eme Régiment d'Infanterie, la 1ere Brigade de Cavalerie derrière le 3eme Régiment de la Landwehr. La division tentera d'atteindre aussi vite que possible les plaines ouvertes de Zohlow.
Le Général Commandant sera avec la 4eme Brigade d'Infanterie et ira ensuite à Sorge, d'où les mouvements ultérieurs seront réglementés.
ADDITION POUR LA 1ere DIVISION :
Les détachements de la 1ere Division laissés en arrière dans les retranchements seront retirés dès le franchissement de la section de terrain de Kunersdorf.
VERBALEMENT AU COMMISSAIRE :
Tous les véhicules restent jusqu'à nouvel ordre sur la rive gauche de l'Oder; seul un hôpital de campagne suit vers midi par la route de Drossen jusqu'au Huhner Fliess.
AU COMMANDANT DE L'ARTILLERIE :
Une colonne de munitions dans la même direction.
Soirée du 12 mars
Le Corps de l'Est s'est déplacé de nuit à Drossen, une division prenant position à Kunersdorf. Cette division sera attaquée sans délai demain matin.
La 1ere Division doit retenir l'ennemi de front à Kunersdorf, la 4eme Brigade l'attaquera par son flanc gauche. La 3eme brigade ouvrira le passage par le bois pour la Cavalerie, et sécurisera son débouché dans la plaine de Zohlow.
A cet effet la 1ere Division se formera derrière les Laudons Grund (jonction de la grande-route vers Kunersdorf et de la route de Trettin) et avancera à 9h30 contre Kunersdorf.
La réserve d'Artillerie recevra ses ordres de la 1ere Division, aux mouvements de laquelle elle se conformera
La 4eme Brigade d'Infanterie partira à 8h de Chausseehaus près du cimetière juif (Judenkirchhf) par la route de Crossen; à 1000 pas de la Chausseehaus, elle incline sur la gauche, tourne la chaîne de lacs et de marais s'étendant au sud de Kunersdorf, et s'avance pour attaquer l'aile gauche de l'ennemi à travers la Frankfurter Forst.
La 3eme Brigade se divise en deux colonnes.
Le 3eme Régiment d'Infanterie et la batterie suivent immédiatement la 4eme Brigade sur la grand-route à travers le Schwetiger Revier, et de là marchent sans s'arrêter par le trajet rectiligne menant à la ferme de Scheibler (près du lac Scheibler See).
Le 3eme régiment de la Landwehr et la cavalerie divisionnaire marchent à 8h par le Grund Schaferei le long des chemins du Schwetiger Revier, suivent ensuite le chemin marquant la frontière entre les fôrets de Frankfurt et de Neuendorf (Königl. Reppensche) vers Sorge.
La 3eme Brigade occuppe le Schweden-Damm, Sorge et le petit bois près du lac Birken.
La Division de Cavalerie, renforcée par deux batteries d'artillerie montée de la Réserve, suit immédiatement la 3eme Brigade d'Infanterie, la 2ème Brigade de Cavalerie derrière le 3eme Régiment d'Infanterie, la 1ere Brigade de Cavalerie derrière le 3eme Régiment de la Landwehr. La division tentera d'atteindre aussi vite que possible les plaines ouvertes de Zohlow.
Le Général Commandant sera avec la 4eme Brigade d'Infanterie et ira ensuite à Sorge, d'où les mouvements ultérieurs seront réglementés.
ADDITION POUR LA 1ere DIVISION :
Les détachements de la 1ere Division laissés en arrière dans les retranchements seront retirés dès le franchissement de la section de terrain de Kunersdorf.
VERBALEMENT AU COMMISSAIRE :
Tous les véhicules restent jusqu'à nouvel ordre sur la rive gauche de l'Oder; seul un hôpital de campagne suit vers midi par la route de Drossen jusqu'au Huhner Fliess.
AU COMMANDANT DE L'ARTILLERIE :
Une colonne de munitions dans la même direction.
mercredi 1 mai 2013
7eme problème. 1858.
Sur les mêmes carte et schéma que l'exercice 5.
Corps de l'Est
Le Corps de l'Est, dont l'objectif est de couvrir le siège de Posen, et qui a été incapable d'empêcher plus longtemps la traversée de l'Oder par l'ennemi, marche depuis le 13 mars 6h, sur Zohlow, en support de sa 1ere Division.
Le rapport suivant arrive du Commandant de cette Division :
"Kunersdorf, 13 mars, 11h
Mon détachement du flanc gauche a été attaqué vers 10h par des forces très supérieures depuis la direction de Schwetiger Revier (forêt). En accord avec ses ordres, il se retire lentement sur Sorge, où il pourra offrir la résistance la plus obstinée.
Peu après 10h l'ennemi a avancé avec une division contre le front de ma position. Il fait feu avec 24 pièces, mais retient toujours son infanterie.
A 10h30, la tête des colonnes ennemies, qui poussent le détachement de flanc, se montrent à la sortie de la Frankfurter Forst sur mon flanc gauche. J'ai envoyé contre eux 3 bataillons, 2 escadrons et 1 batterie de la réserve, et ainsi bloqué leur débouché.
Comme l'ennemi, pour l'instant, ne montre nul part de masse de cavaliers, on peut en déduire qu'ils ont marché à travers la Neuendorfsche Forst (forêt Königl. Reppensche)
Pour ne pas aboutir à une situation trop désavantageuse, j'ai à présent pris la décision de retraiter.
Kunersdorf sera mis en feu et le croisement au sud de ce village disputé par l'artillerie aussi longtemps que possible. L'arrière-garde prendra position près du bois. Si elle subit une pression trop forte, je serais peut-être obligé de franchir le Hiihner Fliess au-dessous de la route de Drossen et de me retirer dans la région de Bischofsee.
N.N. "
Le Général commandant reçoit ce rapport à 11h30 à Zohlow, où la tête de son Corps Principal vient juste d'arriver.
Que va t'il décider de faire ?
Corps de l'Est
Le Corps de l'Est, dont l'objectif est de couvrir le siège de Posen, et qui a été incapable d'empêcher plus longtemps la traversée de l'Oder par l'ennemi, marche depuis le 13 mars 6h, sur Zohlow, en support de sa 1ere Division.
Le rapport suivant arrive du Commandant de cette Division :
"Kunersdorf, 13 mars, 11h
Mon détachement du flanc gauche a été attaqué vers 10h par des forces très supérieures depuis la direction de Schwetiger Revier (forêt). En accord avec ses ordres, il se retire lentement sur Sorge, où il pourra offrir la résistance la plus obstinée.
Peu après 10h l'ennemi a avancé avec une division contre le front de ma position. Il fait feu avec 24 pièces, mais retient toujours son infanterie.
A 10h30, la tête des colonnes ennemies, qui poussent le détachement de flanc, se montrent à la sortie de la Frankfurter Forst sur mon flanc gauche. J'ai envoyé contre eux 3 bataillons, 2 escadrons et 1 batterie de la réserve, et ainsi bloqué leur débouché.
Comme l'ennemi, pour l'instant, ne montre nul part de masse de cavaliers, on peut en déduire qu'ils ont marché à travers la Neuendorfsche Forst (forêt Königl. Reppensche)
Pour ne pas aboutir à une situation trop désavantageuse, j'ai à présent pris la décision de retraiter.
Kunersdorf sera mis en feu et le croisement au sud de ce village disputé par l'artillerie aussi longtemps que possible. L'arrière-garde prendra position près du bois. Si elle subit une pression trop forte, je serais peut-être obligé de franchir le Hiihner Fliess au-dessous de la route de Drossen et de me retirer dans la région de Bischofsee.
N.N. "
Le Général commandant reçoit ce rapport à 11h30 à Zohlow, où la tête de son Corps Principal vient juste d'arriver.
Que va t'il décider de faire ?
mercredi 20 février 2013
6eme problème. 1858.
Sur les mêmes carte et schéma que l'exercice précédant :
Composition du corps de l'Ouest :
1ere division d'infanterie : 13 bataillons, 4 escadrons, 2 batteries
2eme division d'infanterie : 12 bataillons, 4 escadrons, 2 batteries
1ere division de cavalerie : 32 escadrons, 1 batterie
Réserve d'artillerie : 6 batteries
Total : 25 bataillons, 40 escadrons, 11 batteries
Le commandant ordonne à la 2eme division d'infanterie de passer ce même après-midi sur la rive droite de l'Oder, la division de cavalerie et l'artillerie de réserve devant suivre le 13 tôt le matin, de sorte que le corps d'armée au complet soit derrière le Laudons Berge prêt à faire mouvement pour 8h.
Une reconnaissance, ordonnée dans l'après-midi du 12, a repoussé l'avant-garde ennemie, mais a trouvé la position de Kunersdorf occuppée par de l'infanterie et de l'artillerie. L'approche du crépuscule a empéché une tentative contre cette position.
Des rapports dignes de foi signalent qu'une division de l'ennemi est partie tôt le 12 de Drossen dans la direction de Franckfurt, mais que deux autres divisions sont arrivées à Drossen dans la soirée.
Le Corps de l'Ouest a ordre d'engager l'ennemi, afin de forcer l'ennemi sur sa ligne de retraite de Posen, et de le presser contre le Warthe-Bruch.
Les reconnaissances précédentes ont indiqué que les prairies voisines de la Dreist et du Haupt Graben sont marécageuses et passables uniquement par de mauvaises routes. Les bois sur les hauteurs sablonneuses sont constitués de grands pins; les routes et même les chemins qui y passent sont propres aux voitures.
Indiquez les dispositions du commandant du corps de l'Ouest pour le 13.
Composition du corps de l'Ouest :
1ere division d'infanterie : 13 bataillons, 4 escadrons, 2 batteries
2eme division d'infanterie : 12 bataillons, 4 escadrons, 2 batteries
1ere division de cavalerie : 32 escadrons, 1 batterie
Réserve d'artillerie : 6 batteries
Total : 25 bataillons, 40 escadrons, 11 batteries
Le Corps de l'Ouest, qui est en possession des ponts sur l'Oder à Ciistrin, Frankfurt et Crossen, s'est concentré à Frankfurt, occupant avec la 1ere brigade d'infanterie les retranchements sur le Laudons Berge, le Rothe Vorwerk et le Damm-Vorstadt; la 2eme brigade se tient en arrière en support.
A midi arrive l'information qu'une colonne hostile s'avance par Drossen.
A midi arrive l'information qu'une colonne hostile s'avance par Drossen.
Le commandant ordonne à la 2eme division d'infanterie de passer ce même après-midi sur la rive droite de l'Oder, la division de cavalerie et l'artillerie de réserve devant suivre le 13 tôt le matin, de sorte que le corps d'armée au complet soit derrière le Laudons Berge prêt à faire mouvement pour 8h.
Une reconnaissance, ordonnée dans l'après-midi du 12, a repoussé l'avant-garde ennemie, mais a trouvé la position de Kunersdorf occuppée par de l'infanterie et de l'artillerie. L'approche du crépuscule a empéché une tentative contre cette position.
Des rapports dignes de foi signalent qu'une division de l'ennemi est partie tôt le 12 de Drossen dans la direction de Franckfurt, mais que deux autres divisions sont arrivées à Drossen dans la soirée.
Le Corps de l'Ouest a ordre d'engager l'ennemi, afin de forcer l'ennemi sur sa ligne de retraite de Posen, et de le presser contre le Warthe-Bruch.
Les reconnaissances précédentes ont indiqué que les prairies voisines de la Dreist et du Haupt Graben sont marécageuses et passables uniquement par de mauvaises routes. Les bois sur les hauteurs sablonneuses sont constitués de grands pins; les routes et même les chemins qui y passent sont propres aux voitures.
Indiquez les dispositions du commandant du corps de l'Ouest pour le 13.
Note : l'ordre doit être adressé aux trois divisions et au commandant de l'avant-garde, et sous une forme identique. Il doit clairement indiquer l'intention du Général, et cependant ne rien contenir que les commandants subordonnés, qui auront a l'exécuter, ne peuvent gérer eux-mêmes. De la même façon que les détails ne sont pas acceptable, il ne doit pas être fait mention des raisons. Si elles sont considérées comme nécessaires, elles doivent être ajoutées à la marge ou séparement.
jeudi 7 février 2013
5eme problème. 1858.
NdT : cet exercice ne dispose pas d'une solution, celle fournie par von Moltke n'ayant pas été conservée.
Un Corps de l'Est, de la force d'un Corps d'Armée mobile Prussien (2 divisions d'infanterie de 12 bataillons et 2 batteries chaque, une division de cavalerie de 24 escadrons, et une réserve d'artillerie de 6 batteries), avance de Posen vers l'Oder, pour prévenir la traversée de cette rivière par l'ennemi, ou en tout ces pour prévenir son avance.
Le gros du Corps de l'Est est arrivé à Drossen dans la soirée du 12 Mars, sa première division d'infanterie (12 bataillons, 8 escadrons, 1 batterie de 12 livres, 1 batterie de 6) est en marche vers Frankfurt.
A Zohlow, le commandant de la 1ere division reçoit un rapport de la tête de l'avant-garde signalant que la berge Laudons a été reconnu retranchée et occupée, que 6 bataillons et quelque artillerie bivouaquent au sud du Damm-Vorstadt, que de larges masses sont visibles sur les hauteurs derrière la ville, et que des troupes défilent continuellement sur le pont.
Le rapport est distribué à 16h. Il reste deux heures de jour. Le commandant de la division sait que le Corps de l'Ouest est équivalent en terme d'effectif au corps de l'Est, et seulement plus fort en cavalerie.
Que déterminera-t'il dans ces circonstances ? Quelles mesures prendra-t'il pour le réaliser ?
Un Corps de l'Est, de la force d'un Corps d'Armée mobile Prussien (2 divisions d'infanterie de 12 bataillons et 2 batteries chaque, une division de cavalerie de 24 escadrons, et une réserve d'artillerie de 6 batteries), avance de Posen vers l'Oder, pour prévenir la traversée de cette rivière par l'ennemi, ou en tout ces pour prévenir son avance.
Le gros du Corps de l'Est est arrivé à Drossen dans la soirée du 12 Mars, sa première division d'infanterie (12 bataillons, 8 escadrons, 1 batterie de 12 livres, 1 batterie de 6) est en marche vers Frankfurt.
A Zohlow, le commandant de la 1ere division reçoit un rapport de la tête de l'avant-garde signalant que la berge Laudons a été reconnu retranchée et occupée, que 6 bataillons et quelque artillerie bivouaquent au sud du Damm-Vorstadt, que de larges masses sont visibles sur les hauteurs derrière la ville, et que des troupes défilent continuellement sur le pont.
Le rapport est distribué à 16h. Il reste deux heures de jour. Le commandant de la division sait que le Corps de l'Ouest est équivalent en terme d'effectif au corps de l'Est, et seulement plus fort en cavalerie.
Que déterminera-t'il dans ces circonstances ? Quelles mesures prendra-t'il pour le réaliser ?
lundi 4 février 2013
Manoeuvre à simple action : 4 Critique.
Suite et fin de cet article de la Revue Militaire Générale. Je reprendrai ensuite la traduction des "Taktische Aufgaben".
TROISIÈME PARTIE -
CRITIQUE
D. Arrêtons ici
l'exercice.
Je
vous ai dit mon opinion au sujet de vos opérations de cavalerie; je
n'y reviendrai pas.
Quelques
observations seulement au sujet de vos ordres initiaux :
Le
paragraphe II de votre ordre d'opérations eût été complété
avantageusement par l'indication de ce que vous vous proposez de
faire, en cas de rencontre avec l'ennemi sur la rive droite de la
Seille. L'attention de tout le monde aurait été ainsi attirée sur
cette éventualité, et chacun aurait été fixé sur vos intentions.
Au
sujet des mesures prescrites à votre cavalerie, quelques
observations de détail :
1° J'aurais fait appuyer
par un peloton les reconnaissances d'officier dirigées sur Custines
et sur Marbache. Ces reconnaissances vont loin vous prévoyez que
leur mission pourra durer toute la journée. Il est utile de mettre à
leur portée un repli.
2° Vous faites partir de
Fleury, à 5h3o du matin, un demi-peloton de cavalerie, pour chercher
la liaison avec la droite de l'armée. C'est un élément un peu
lourd pour la mission dont il s'agit ; l'heure de départ est aussi
trop tardive. Vous avez un intérêt majeur à être renseigné de ce
côté le plus tôt possible. C'est une reconnaissance d'officier,
partant de très bonne heure, et marchant vite, qu'il fallait
envoyer. Elle vous aurait renseigné directement. Cela n'eût pas
dispensé, bien entendu, votre commandant de cavalerie d'assurer
cette liaison par ses propres moyens, comme vous le lui avez
d'ailleurs prescrit.
3° Vous prescrivez à
votre cavalerie d'aller retarder l'ennemi sur la rive gauche de la
Seille, dans le secteur Aulnois, Jeandelaincourt. Ce secteur n'est
pourtant pas le seul intéressant : l'ennemi peut s'avancer aussi
bien à l'ouest de la ligne Nomeny, Jeandelaincourt. Votre intention
est bien que, dans ce cas, votre cavalerie opère de même alors ne
lui limitez pas son secteur d'action.
Je
passe maintenant à l'étude de la manœuvre de votre brigade mixte.
Mais il me paraît utile de vous donner au préalable quelques
indications sur la situation, la mission et les opérations de
l'adversaire supposé auquel vous avez eu affaire.
Pour
l'ennemi, l'hypothèse générale faite par le directeur était la
suivante :
L'armée
ennemie (du sud) a forcé, le 28 février, les passages de la Seille
entre Vic et Manhoué. Son corps de gauche, non engagé dans la
journée, a pu atteindre à la nuit, avec son avant-garde, Arraye et
Ajoncourt. Son gros s'échelonne de Leyr à Custines.
Il
détache à gauche une brigade d'infanterie et trois batteries à
Belleau et Sivry (1 bataillon à Lixières), un régiment de
cavalerie et 100 cyclistes à Nomeny.
Le
corps d'armée a pour mission, le 1er mars, tout en
s'efforçant de déborder l'aile droite de l'armée du nord, de
couvrir le mouvement en avant général de l'armée du sud contre une
tentative venant de Metz.
Dans
ce but :
L'avant-garde
se porte, le 1er mars au matin, d'Ajoncourt sur Puzieux.
Le
détachement de flanc se porte, par Nomeny, sur la rive droite de la
Seille, en vue d'aller s'établir au nord des bois de Ressaincourt et
de Secourt, et de reconnaître dans les directions Nomeny, Metz et
Delme, Metz.
Le
gros du corps d'armée s'avance, par la grande route, sur Létricourt,
prêt à agir suivant les circonstances.
C'est au détachement
venant de Belleau et Sivry, et formant l'avant-garde du corps
d'armée, par Nomeny, dans la direction de Metz, que vous avez eu
affaire.
A
l'approche de votre colonne venant de Fleury, la cavalerie et les
cyclistes ont occupé Nomeny et Rouves, pour tenir ces deux localités
jusqu'à l'arrivée du bataillon venu de Lixières.
Grâce
aux couverts qui masquent du côté du nord le pont de Nomeny, ce
bataillon réussit, malgré la présence de votre section
d'artillerie à l'ouest de Mailly, à franchir la Seille par
fractions. Une fois rassemblé à l'ouest de Nomeny, il attaque le
mamelon au nord de cette localité, avec l'appui de l'artillerie, qui
a pris les devants et s'établit tout d'abord sur le plateau de la
ferme de Laborde. Une de ses batteries franchit le pont, par voitures
successives, et vient ouvrir le feu de la hauteur au sud du
cimetière.
Quand
votre cavalerie et sa batterie se sont repliées, le bataillon du
parti sud, qui s'est emparé du mamelon au nord de Nomeny, se porte,
largement déployé, dans la direction de Raucourt, à cheval sur la
route, couvert à gauche par la cavalerie (3 escadrons), qui s'est
avancée vivement, par Rouves, à la suite de vos deux escadrons
évacuant ce village. Les cyclistes ont pédalé sur Éply. Le
quatrième escadron s'est porté sur Mailly, où il a été accueilli
à coups de fusil. Le bataillon, tête du gros de la brigade, qui
pendant ce temps a atteint et franchi la Seille, marche sur le
village. L'artillerie prend position tout entière sur le mamelon 1
kilomètre nord de Nomeny.
Le
bataillon dirigé sur Mailly s'en empare, et attaque la lisière sud
du bois de Mailly. Le bataillon dirigé sur Raucourt attaque le
village, avec l'appui de l'artillerie, qui a fait un bond en avant,
pour venir s'établir sur la crête 1500 mètres nord-est de Rouves.
Un bataillon du gros s'avance dans la dépression à 1500 métres sud
de Raucourt, prêt à soutenir l'attaque, assurant également la
protection de l'artillerie. Le reste du gros (3 bataillons) se
rassemble dans le pli de terrain 1 kilomètre à l'ouest de Mailly,
masqué par la crête.
Le
commandant du détachement, constatant que son infanterie progresse
dans le bois de Mailly et le long de la lisière ouest de ce bois, se
décide à faire avancer son gros à l'abri (à l'est) de la crête
235, pour porter son principal effort sur Ressaincourt et le bois de
Ressaincourt. Il appelle une de ses batteries, qui, lorsque
l'infanterie est déployée devant les deux points d'appui, vient
s'établir à la cote 235.
Le
bataillon en réserve 1500 mètres sud de Raucourt reçoit l'ordre,
au cas où l'ennemi passerait à l'offensive direction Raucourt,
Nomeny, de recueillir le bataillon qui attaque le village, et de
contenir l'attaque avec l'appui de l'artillerie.
J'aborde
maintenant l'examen de votre manœuvre :
Rien
à dire des dispositions que vous prenez à 8h20. Tous vos efforts
doivent tendre tout d'abord, c'est visible, à vous établir sur la
position Raucourt, Ressaincourt. Cette position, forte sur son front,
peut difficilement être abordée par l'ouest : le terrain entre Éply
et Raucourt se prête mal à une attaque. A l'est, elle s'appuie au
massif forestier, où vous devrez mettre du monde pour vous couvrir,
et pour assurer, - ce qui est essentiel, - votre liaison avec
l'armée du Nord. Vous serez là en excellente posture, soit pour
résister, si vous y êtes obligé, soit pour passer ensuite à
l'attaque.
Mais,
à 8h20, on vous signale la fusillade du côté de Mailly, où vous
n'avez qu'un escadron. Les progrès de l'ennemi dans cette région
sont particulièrement inquiétants, car ils tendent à vous séparer
de la droite de votre armée, que vous avez expressément pour
mission de couvrir. J'estime que vous ne vous en inquiétez pas
assez. Vous dirigez un bataillon d'avant-garde de ce côté, mais
vous l'arrêtez à Ressaincourt et à la corne sud du bois du même
nom. Sans doute, il fallait assurer tout d'abord la possession de ces
deux points d'appui. Mais, au moins provisoirement, une compagnie
dans chacun d'eux c'était largement suffisant. Le reste du
bataillon, il fallait le pousser tout de suite sur Mailly pour
occuper le village et rester maître tout au moins de la lisière sud
du bois de Mailly.
Une
observation à propos de vos ordres de 8h20 : vous n'indiquez à
aucun des exécutants le but que vous vous proposez. Vous leur dites:
Faites ceci, occupez tels points, avec telles forces … Vous les
maniez comme les pions d'un jeu d'échecs, auxquels on n'est pas
obligé d'expliquer pourquoi on les déplace. Aucune idée d'ensemble
de l'opération à laquelle ils vont concourir et, ceci est la
conséquence de cela, aucune mission particulière indiquée. Dans
quel sens voulez-vous qu'agisse leur initiative? « Chaque soldat, -
ne nous lassons pas de le répéter, - doit connaître sa manœuvre.
»
L'expérience
le montre : aux manœuvres et, ce qui est plus grave, à la guerre,
cette faute est une de celles qui sont le plus souvent commises. La
précipitation de l'action l'explique parfois, ne l'excuse jamais.
Profitons donc des manœuvres sur la carte, ou rien ne presse, pour
prendre une bonne fois l'habitude d'orienter comme il convient nos
subordonnés, pour nous exercer, ce qui n'est pas toujours facile, à
définir d'une façon aussi brève et aussi claire que possible ce
but, cette mission, dont la connaissance est indispensable à chaque
exécutant, pour pouvoir adapter rationnellement sa conduite aux
circonstances.
A
8''45, vous vous proposez de rejeter l'ennemi au delà de la Seille.
L'idée est parfaitement juste. Mais vous êtes décidé, dès 8h 45,
à ne pas y employer toutes vos forces, parce que, - dites-vous,–
il s'agit pour vous de durer. Entre ces deux buts: 1° rejeter
l'ennemi au delà de la Seille; 2° vous réserver pour des besoins
ultérieurs, vous adoptez un moyen terme : n'attaquer qu'avec une
partie de vos forces. Eh bien, c'est Napoléon qui le dit «A la
guerre, les mezzo termine ne valent rien.» Vous échouerez,
parce que vous aurez employé des moyens insuffisants. Vous mettiez
toutes les chances de votre côté en attaquant à fond, avec toutes
vos forces, quitte à passer à la défensive, à vous cramponner au
terrain, si, en cours d'exécution, l'ennemi se manifestait
supérieur. Cette condition n'est d'ailleurs pas spéciale à votre
cas : c'est la condition dans toute attaque.
Mais
étudions le détail :
Vous
laissez à l'est de Saint-Jure, à 2 kilomètres en arrière, votre
bataillon de réserve générale. Comment l'aurez-vous à temps,
quand vous en aurez besoin?
Vous
n'appelez qu'une des batteries du gros. A quoi pourront bien servir
les deux autres, que vous laissez en surveillance sur la crête de la
rive droite du ruisseau de Vigny? Une batterie pour préparer
l'attaque, un bataillon pour l'exécuter, quand on dispose de six
bataillons et de quatre batteries, c'est vraiment peu. Une attaque
qui n'est pas une simple démonstration, une attaque qui veut
réussir : - vous voulez, dites-vous, rejeter l'ennemi à la Seille,
- ne se conçoit qu'à la condition, pour le chef, d'être fermement
décidé à faire concourir au succès tous ses moyens.
L'intention
de rejeter l'ennemi à la Seille, vous vous êtes contenté de la
marquer. Vous n'attaquez que pour marquer le principe, beaucoup plus
préoccupé que vous êtes de vous ménager les moyens de passer à
la défensive, ou même de couvrir éventuellement votre retraite,
qu'au fond vous préparez déjà, en laissant votre bataillon de
réserve générale à l'est de Saint-Jure, la moitié de votre
artillerie sur la crête au nord du ruisseau de Vigny.
La
faute que vous commettez, vous ne tardez pas d'ailleurs à en payer
les conséquences. La lutte d'artillerie s'engage pour vous dans les
conditions les plus mauvaises qui soient. Disposant au total de
quatre batteries, vous entamez cette lutte, à 9 heures, avec une
seule. Vous la poursuivez, à partir de 9h20, avec deux. Votre
troisième batterie, qui arrive à 9h40, doit s'employer
immédiatement à appuyer la défense de Ressaincourt. Est-il
étonnant que vous n'arriviez pas à prendre sur l'artillerie ennemie
une supériorité marquée? Bien heureux encore que la distance vous
ait épargné une sanction plus grave !
Pourquoi
votre batterie d'avant-garde ne prend-elle aucune part à la lutte
d'artillerie? Sans doute, de sa position de caponnière au nord et
près de Ressaincourt, elle bat efficacement les abords de HaucourL
Mais l'ennemi n'enlèvera pas ce village sans en préparer l'attaque
avec son artillerie. Vous appliquer à paralyser celle-ci est donc,
pour le moment, le meilleur moyen de défendre Raucourt.
Combien
votre situation eût été meilleure, si, dès 9 heures, -vous le
pouviez, - vous aviez eu vos quatre batteries réunies sur la crête
au nord de Ressaincourt, en mesure de combiner leurs efforts soit
pour dominer l'artillerie adverse, soit pour tenir sous leur feu les
crêtes que l'infanterie ennemie doit traverser pour progresser vers
votre position, en particulier la crête 235, qu'elle est obligée de
franchir pour aborder Ressaincourt ! Combien surtout vous eussiez été
en meilleure posture pour attaquer vous-même !
A 10
heures, vous vous décidez à battre en retraite. A l'encontre de ce
qui se passe ailleurs, nous poserons et nous discuterons tout à
l'heure la question préalable : Fallait-il battre en retraite ?
Supposons pour le moment que votre résolution soit justifiée, et
examinons les conditions dans lesquelles vous exécutez votre rupture
du combat.
Vous
vous proposez d'aller occuper en arrière une nouvelle position entre
AIlémont et Berupt. Vous avez à ce moment deux bataillons
disponibles le deuxième du deuxième régiment, entre la cote 264 et
la corne ouest du bois de Ressaincourt; le troisième du deuxième
régiment, à 800 mètres au nord de la cote 264. Vous envoyez
celui-ci prendre immédiatement position sur la croupe d'Allémont,
et, pour faciliter, dites-vous, rupture du combat, vous
contre-attaquez avec l'autre.
Est-ce
cela qu'il fallait faire ?
L'ennemi
a trois bataillons devant Ressaincourt, où vous avez deux
compagnies. Votre effort offensif va vous engager dans des conditions
telles qu'une solution ne saurait tarder à intervenir, -suivant
toute vraisemblance, à votre détriment, - aux abords du hameau.
Vous n'aurez plus ensuite aucune troupe fraîche pour retarder le
moment où l'ennemi prendra possession du plateau entre Ressaincourt
et la cote 264. Dans quelles conditions s'exécutera votre retraite,
quand l'ennemi y sera établi et y aura amené son artillerie ?
Vous
n'aurez de repli que sur la croupe à l'est d'Allémont, où
d'ailleurs votre troisième bataillon du deuxième régiment, ni
votre artillerie, n'auront peut-être pas encore eu le temps de
s'installer. Comment s'effectuera en particulier la retraite de vos
deux bataillons engagés à Raucourt ?
Une
fois votre retraite décidée, il fallait vous proposer de l'exécuter
par échelons, en commençant précisément par ces deux bataillons.
L'ennemi n'attaque Raucourt que de front, avec un seul bataillon. Vos
deux bataillons pouvaient se dégager sans difficulté.
L'établissement de l'ennemi sur la croupe au nord de Ressaincourt
leur faisait courir un danger bien autrement sérieux. C'est à les
prémunir contre ce danger que les troupes fraîches (2 bataillons)
dont vous disposez encore, et votre artillerie, devaient être
employées.
Le
terrain vous offrait le moyen d'établir, entre la cote 264 et le
bois, et au nord-ouest de la cote 264, une ligne d'infanterie
soustraite aux vues de la batterie ennemie qui canonne Ressaincourt
et de l'artillerie établie à 1500 mètres nord-est de Rouves, ligne
d'infanterie tenant sous son feu le sommet du plateua au sud. Vous
eussiez ainsi recueilli les deux compagnies évacuant Ressaincourt,
et, ce qui est essentiel, vous eussiez empêche longtemps l'ennemi de
prendre pied sur la hauteur au nord du hameau.
Pour
y aider, en même temps que pour couvrir la retraite de vos
bataillons de Raucourt, votre artillerie serait venue prendre
position sur la croupe orientée est-ouest, au sud-est de Saint-Jure.
Plus tard seulement, elle serait allée, par échelons, s'établir
sur les hauteurs à l'est d'Allémont, sous la protection de vos deux
bataillons venus de Raucourt.
De
ces hauteurs, elle eût été en mesure de couvrir la retraite de
votre deuxième échelon : les bataillons postés aux environs de la
cote 264.
Pensez-vous
que cet ensemble de dispositions n'était pas meilleur ?
Mais
fallait-il rompre le combat, pour aller occuper une nouvelle position
sur les hauteurs à l'est d'Allémont?
Votre
résolution de battre en retraite n'a pas été pour moi une
surprise. Elle était la conséquence forcée de votre disposition
d'esprit antérieure. Pour vous en aller, vous n'attendez même pas
que l'ennemi vous ait révélé manifestement des forces supérieures.
Ces forces, vous supposez qu'il les possède et, de plus, qu'il les a
à pied d'œuvre. Vous ne les attendez pas. Vous évacuez de plein
gré votre position.
Il
n'y a qu'un malheur, mais il est sérieux : votre mission n'est
pas remplie. C'est plus qu'un malheur, c'est une faute, parce que
vous n'avez pas fait le possible pour la remplir.
Couvrir
la droite de l'armée du Nord, conserver la liaison avec Metz, telle
était votre mission. On ne vous signale pas d'autre ennemi que celui
qui a débouché par Nomeny. Jusqu'ici, la liaison avec Metz n'est
pas menacée. Tous vos efforts peuvent, c'est-à-dire doivent
s'employer à couvrir la droite de l'armée.
Cette
droite, on vous l'a dit, est à Thézey-Saint-Martin. Sous prétexte
de vous réserver pour des besoins ultérieurs problématiques, vous
la découvrez, vous l'abandonnez pour aller vous établir entre
Allémont et Berupt. L'ennemi, maître de Raucourt et de
Ressaincourt, que vous venez d'évacuer, maître de Mailly, et du
bois de Mailly, que vous n'avez fair aucun effort pour occuper et
tenir, quand il en était temps encore, - plus tard, pour enlever, -
l'ennemi va pouvoir maintenant, tout à son aise, déborder et
prendre en flanc la droite de l'armée du Nord.
Installé
sur la hauteur Raucourt, Ressaincourt, l'ennemi n'aura pas besoin de
beaucoup de forces pour se prémunir, face au nord, contre un retour
offensif, que d'ailleurs vous ne méditez nullement. Sans doute, vous
avez encore de l'infanterie dans les bois de Ressaincourt et de
Secourt. Mais la possession du bois de Mailly, et des boqueteaux à
l'est, suffit à l'ennemi pour couvrir les attaques qu'il va diriger
contre la droite de l'armée.
Cette
droite sera battue, l'armée tout entière peut-être oblige de se
replier. Mais, grâce à votre circonspection, grâce à l'habileté
que vous avez eue de vous réserver pour des besoins ultérieurs,
vous serez établi, en bonne santé, entre Allémont et Berupt :
façon vraiment un peu trop moderne d'appliquer la vieille maxime «
Péris, mais sauve tes frères !»
II
n'y a pas de doute dès que vous avez su que la droite de l'armée
était à Thézey-Saint-Martin, il fallait, coûte que coûte, vous
emparer du village de Mailly ou, tout au moins, du bois en arrière.
Maître de ce bois, des bois à l'est (le Belvédère, le Parc),
votre artillerie sur la croupe 800 mètres nord-ouest de Phlin, vous
étiez en mesure de vous opposer à une attaque débordante de
l'ennemi contre Thézey.
Une
offensive énergique, par l'ouest du massif forestier, dans la
direction de Mailly, attirait sur vous, de toutes façons, des forces
ennemies importantes, qui ne pouvaient s'employer contre la droite de
l'armée du Nord. En cas d'échec, vous ne risquiez que d'être
rejeté sur les bois de Ressaincourt et de Mailly. L'ennemi ne vous
en aurait pas expulsé aisément, et votre présence y eut paralysé
longtemps ses efforts contre Thézey.
Sans
doute, l'ennemi pouvait se proposer de déborder et de tourner, par
l'ouest et par le nord, l'ensemble du massif forestier. Mais
l'opération eût été fort risquée; elle eût été longue; elle
eût demandé des forces considérables, ne fût-ce que pour se
couvrir contre une offensive de votre part, toujours possible. Autant
de forces encore détournées de l'objectif à couvrir par vous : la
droite de l'armée.
Enfin,
si l'armée était obligée de se replier, l'occupation du massif
couvrait encore sa droite contre les tentatives débordantes de
l'adversaire.
Chose
curieuse l'importance du massif forestier, l'importance en
particulier du bois et du village de Mailly ne vous ont nullement
échappé. Vous n'avez pas osé pourtant vous engager à fond pour
vous en emparer, et pour en rester maître. Vous avez craint de vous
faire battre. L'idée ne vous est pas venue qu'il y avait un malheur
plus grand que celui-là : ne pas remplir votre mission.
«
Bazaine pouvait me battre, - disait Alvensleben le 16 août, - il ne
se serait pas débarrassé de moi aisément. » Même battu, le
commandant du IIIe corps prussien prétendait remplir, malgré tout,
la mission qu'il s'était attribuée.
Que
ne vous êtes-vous inspiré de cette idée ! Que n'avez-vous appliqué
la même tactique l'offensive, l'offensive quand même ! L'offensive,
qui possède en elle-même une telle vertu, tant de ressources
insoupçonnées, que, dans une situation qui semble sans issue, elle
offre encore, en dépit même de l'apparence contraire, le meilleur,
souvent l'unique moyen de se tirer d'affaire : l'offensive, qui en
impose à l'adversaire; l'offensive, qui maintient dans notre camp
l'ascendant des forces morales ; l'offensive, qui, pour toutes ces
raisons, est seule capable, dans un cas difficile ou douteux, de
satisfaire entièrement la conscience militaire d'un chef, en lui
donnant la pleine assurance qu'il aura fait, quoi qu'il arrive, tout
le possible, et même l'impossible, c'est-à-dire simplement son
devoir.
Lieutenant-colonel
MAISTRE,
Du 79e
régiment d'infanterie.
samedi 2 février 2013
Manoeuvre à simple action : 3 engagement du gros.
DEUXIEME PARTIE –
ENGAGEMENT DU GROS DU DETACHEMENT
Directeur (au
commandant du parti). Où étiez-vous, et qu'avez-vous fait, lorsque
vous avez entendu les premiers coups de canon, vers 7h15, heure à
laquelle vous n'aviez encore reçu aucun renseignement de votre
cavalerie ?
Commandant du parti.
A 7h15, j'étais en marche, avec mon avant-garde, sur la grand'route,
à hauteur du grand bois de la Hautonnerie (3 kilomètres nord de
Louvigny). Dès que j'entends le canon vers Nomeny, je me porte en
avant au trot, escorté par un peloton de cavalerie, dans l'espoir de
rejoindre le gros de ma cavalerie, et, en tous cas, pour me rendre
compte de la situation.
D. Partir, c'est
très bien mais n'oubliez pas de laisser une ligne de conduite à
celui qui vous remplace. Que lui dites-vous ?
Ct du parti. Voici
mes instructions :
«L'ennemi parait
déboucher de Nomeny.
« II importe d'arriver
le plus vite possible à la Seille, de façon à pouvoir le rejeter
sur la rive gauche, s'il n'a encore fait passer que des forces
insuffisantes pour se maintenir sur la rive droite. »
D. Soit. En cours
de route, vous rencontrez une estafette qui vous apporte la nouvelle
qu'à 7h15 de l'infanterie, appuyée par de l'artillerie, cherchait à
déboucher de Nomeny.
Vers
8h15, vous rejoignez le commandant de la cavalerie, à l'est de
Raucourt. Il vous fait savoir qu'il a dû abandonner les abords
immédiats de Nomeny, devant des forces supérieures : l'ennemi a
montré jusqu'ici trois ou quatre escadrons, un bataillon
d'infanterie environ, une ou deux batteries. Vos escadrons ont reçu
du commandant de la cavalerie l'ordre de se replier sur Raucourt,
Ressaincourt, bois de Mailly, et d'y tenir jusqu'à l'arrivée de
l'infanterie. La batterie qui opérait avec eux a été rappelée
vers Ressaincourt.
Vous
avez été informé que la droite de l'armée s'étendait jusque
Thézey-Saint-Martin.
A
7h30, l'ennemi n'avait pas paru à Port-sur-Seille et à Cheminot.
Vous
voyez deux de vos escadrons entrer dans Raucourt, et s'y établir.
Trois escadrons ennemis les poursuivaient mais, sans aborder les
lisières de Raucourt, ils viennent de filer vers le nord, en passant
à l'ouest de ce village.
Vous
voyez encore deux autres de vos escadrons occuper le mouvement de
terrain 235 et Ressaincourt.
Vous
entendez le canon dans la direction de Nomeny, et la fusillade vers
Mailly.
Que
décidez-vous?
Ct du parti.
L'ennemi n'a encore montré que de la cavalerie, un bataillon, et une
ou deux batteries. Je veux attaquer dans le double but de
reconnaître, et de rejeter si possible sur la rive gauche les
éléments qui ont franchi la rivière, afin de disposer, pour
l'accomplissement de ma mission, des avantages que peut procurer
cette coupure du terrain.
Je
ne crains pas, quant à présent, d'enveloppement sur ma droite.
Quant
à la liaison avec l'armée (Thézey-Saint-Martin), elle ne sera
assurée que si j'atteins la Seille à Abaucourt, ou si, au minimum,
je suis maître du massif forestier au nord-est de Mailly : nouvelle
raison pour attaquer.
Mais,
pour attaquer, il faut d'abord mettre mes forces en mains, les
rassembler.
Où
les rassembler ? Vers Saint-Jure évidemment, couvertes sur le front
Raucourt, Ressaincourt.
Ce
front est tenu actuellement par la cavalerie, laquelle peut être
attaquée, à bref délai, par l'infanterie et l'artillerie ennemies
déjà reconnues. Ma première préoccupation est de faire relever la
cavalerie par les troupes de mon avant-garde, renforcées par
l'artillerie du gros.
Si
l'infanterie ennemie me devance dans ces points d'appui, je
m'efforcerai de l'en déloger.
Après
cela, j'envisagerai l'organisation de l'attaque, en vue de rejeter
l'adversaire au delà de la Seille, ou bien, si celui-ci m'oppose des
forces trop nombreuses, je me résoudrai à la défensive.
En
conséquence, je donne, à 8h20, les ordres suivants :
Au commandant de
l'avant-garde : « A partir de Saint-Jure, un bataillon sur
Raucourt, un bataillon sur Ressaincourt et la corne sud du bois de
Ressaincourt »;
Au commandant de la
flanc-garde : « Marchez sur Raucourt, tout en continuant à
remplir votre mission de flanc-garde »;
Au commandant de
l'artillerie : « Établissez-vous en surveillance sur la crête
de la rive droite du ruisseau de Vigny, puis, dès que vous le
pourrez, portez l'artillerie à la crête 264 (nord de Ressaincourt)
»;
Au commandant du
deuxième régiment : « Arrivé à Saint-Jure, rassemblez le
régiment à 1000 mètres à l'est. »
D. Réglons
d'abord un incident qui se produit, entre 8h15 et 8h3o, à l'ouest de
Raucourt :
(Au commandant de la
flanc-garde) : Votre bataillon a débouché vers 8 heures de
Louvigny. Arrivée aux abords du ruisseau de Vigny, la compagnie de
tête a vu trois escadrons ennemis, qui, venant des abords ouest de
Raucourt, s'approchaient du ruisseau vers le moulin des Moines. Ces
escadrons ont fait demi-tour, se repliant dans la direction d'Éply.
Qu'a fait la compagnie de tête de votre bataillon?
Commandant de la
flanc-garde. Elle a suivi la route d'Éply pour se porter à la
crête.
D. Arrivée à
cette crête, elle n'a plus vu les cavaliers, mais constaté qu'Éply
était occupé.
Le commandant du
bataillon qui marche en tête de ses trois autres compagnies est
parvenu au moulin des Moines vers 8h40. L'ordre l'appelant à
Raucourt ne l'a pas encore touché il entend à ce moment une
violente fusillade du côté de cette localité. Que fait-il ?
Ct de la flanc-garde.
Pendant que sa compagnie de tête marche sur Éply, il se dirige,
avec les trois autres, du moulin des Moines vers Raucourt.
D. En s'approchant
de Raucourt, le commandant du bataillon apprend qu'un bataillon de
l'avant-garde vient de s'y établir. Que fait-il ?
Ct de la flanc-garde.
Il pousse une compagnie à la Croix du Gros Chêne, et arrête les
deux autres à 5oo mètres au nord de ce dernier point. Le bataillon
est ainsi disposé pour protéger l'aile droite de la brigade, ou
renforcer, s'il y a lieu, les défenseurs de Raucourt.
D. La situation à
8h45 est la suivante :
Un
bataillon de votre avant-garde a occupé Raucourt.
L'ennemi
(un bataillon environ) attaque Raucourt, par le sud et le sud-ouest.
De
l'artillerie se révèle à 1500 mètres nord-est de Rouves, et
commence à battre les lisières de Raucourt.
Vous
avez un escadron à Ressaincourt, un escadron à la crête 235.
L'infanterie
ennemie vient d'entrer dans Mailly. Quelques fractions commencent à
en déboucher vers le nord, marchant vers la lisière sud du bois de
Mailly, occupée par votre escadron, qui a défendu le village.
Votre
batterie détachée avec la cavalerie vient de s'établir au nord et
contre Ressaincourt, face à l'ouest ; elle est dissimulée à
l'artillerie ennemie, et en état d'agir dans de bonnes conditions
sur les abords de Raucourt.
Ct du parti.
L'ennemi attaque, mais il ne m'a pas montré des forces telles que je
sois réduit déjà à abandonner l'idée de le rejeter au delà de
la Seille. Toutefois, je ne contre-attaquerai pas à fond avec toutes
mes forces, car ma mission est de longue durée, et je ne sais pas à
quelles nécessités ultérieures j'aurai à faire face.
Par où contre-attaquer
?
Par la gauche, parce que
j'y trouve des cheminements pour l'infanterie, parce que c'est la
direction la plus courte pour atteindre la Seille, parce qu'enfin
c'est le côté de la liaison avec l'armée.
Si
la contre-attaque n'atteint pas son but final, qui est de rejeter
l'ennemi au delà de la Seille, sa direction est telle qu'elle tendra
toujours à ralentir l'occupation, par l'adversaire, de la zone
forestière, dont l'importance a été signalée précédemment.
Quoi
qu'il advienne plus tard, un premier résultat est dès maintenant
acquis mon infanterie est à Raucourt, elle sera dans quelques
instants à Ressaincourt. Mon gros a une zone de manœuvre assurée
au nord de ce front Raucourt, Ressaincourt.
Aussi, à 8h45, j'envoie
l'ordre suivant à ce gros (2e régiment) :
« En vue de rejeter
l'ennemi au delà de la Seille, et de pouvoir nous établir
défensivement sur cette rivière, attaquez avec un bataillon dans la
direction de Mailly, par les lisières ouest des bois de Ressaincourt
et de Mailly. Poussez un deuxième bataillon à l'est de la cote 264
contre le bois, où il sera prêt à soutenir le premier, mais ne
s'engagera que sur mon ordre. Laissez le troisième bataillon en
réserve générale à l'est de Saint-Jure. »
A
8h45 également, je donne l'ordre au commandant de l'artillerie de
porter une de ses batteries à l'est de Raucourt, pour agir sur le
terrain entre Mailly et Ressaincourt.
Enfin,
à la même heure, je prescris au commandant de la cavalerie de
réunir le plus tôt possible ses escadrons au nord de Raucourt, et
de s'efforcer d'agir, par Éply et Rouves, sur la gauche et les
derrières de l'ennemi.
D. A 9h15, vous
apprenez que l'ennemi s'est emparé, vers 9 heures, de la lisière
sud du bois de Mailly.
Une
chaîne d'infanterie assez dense (quatre compagnies environ) est en
ce moment déployée sur le mouvement de terrain au nord de 235. Elle
vient de s'engager dans un combat de feux avec votre propre
infanterie qui garnit depuis quelques minutes les lisières de
Ressaincourt et du bois de Ressaincourt.
Rien de nouveau aux
abords de Raucourt.
Fixez le détail de votre
situation à 9h15.
Ct du parti.
Premier régiment : un bataillon à Raucourt; un bataillon à l'ouest
de ce village : une compagnie vers la Croix du Gros Chêne, deux
compagnies en réserve à 5oo mètres au nord de ce dernier point; un
bataillon ayant : deux compagnies à Ressaincourt, une compagnie à
la corne sud du bois de Ressaincourt, une compagnie à la lisière du
bois, 5oo mètres nord-est du hameau.
Deuxième
régiment en colonne par quatre, la tête à 1 kilomètre est de
Saint-Juré.
Artillerie
une batterie contre la lisière nord de Ressaincourt, battant les
abords sud de Raucourt;
Une
batterie établie à 264 depuis 9 heures, en lutte avec l'artillerie
ennemie en batterie au nord-est de Rouves;
Une
batterie va arriver à 9h20, et s'établira à droite de la
précédente.
La
dernière batterie a été également appelée, par Saint-Jure, sur
Raucourt. Elle doit être en route pour rejoindre.
Cavalerie
: le commandant de la cavalerie n'a encore de disponibles, à 9h15,
que les deux escadrons qui étaient à Raucourt. Un des escadrons de
Ressaincourt le rejoindra dans quelques minutes ; l'autre, qui a été
engagé dans le bois de Ressaincourt, ne pourra rallier qu'entre 9h3o
et 9h45. Enfin, l'escadron qui a combattu à Mailly restera engagé
dans les bois avec des fractions d'infanterie, et ne rejoindra pas.
D. –Je
demanderai maintenant au commandant de l'artillerie comment ses
batteries du gros sont entrées en action.
La
première est arrivée, vers 9 heures, au mouvement de terrain 264
(nord de Ressaincourt). Je vous rappelle qu'à cette heure, la
batterie détachée avec la cavalerie est en action, depuis quinze
minutes environ, contre l'infanterie ennemie qui attaque Raucourt :
elle n'éprouve aucun dommage de l'artillerie adverse, qui ne la voit
pas. Mais, de son côté, l'ennemi a de l'artillerie sur le mouvement
de terrain 1500 mètres nord-est de Rouves, qui tire sur les
défenseurs de Raucourt, sans être contre-battue. Lorsque vous
faites votre reconnaissance à 264, vous voyez des lueurs produites
par les coups de cette artillerie et réparties inégalement sur un
front de 4o millièmes environ.
Comment
votre première batterie occupe-t-elle la position et comment
entre-t-elle en action ?
Ct de l'artillerie.
L'artillerie ennemie étant en position au moment où la nôtre va se
mettre en batterie, la marche d'approche et l'occupation de la
position se font à l'abri absolu de la crête jalonnée par la route
Saint-Jure, Ressaincourt. Les batteries seront établies au
défilement maximum permis par la condition de pouvoir tirer sur les
crêtes de la rive gauche du ruisseau de Pumpey. La première
batterie est installée à la gauche de la position, à intervalles
aussi grands que possible, sous réserve que l'espace nécessaire à
la deuxième batterie sera ménagé. Une fois établie, la première
batterie prend pour objectif l'artillerie ennemie qui tire sur
Raucourt.
D. Lorsque votre
batterie ouvre le feu, ses lueurs sont aperçues par l'artillerie
ennemie de la crête nord-est de Rouves. Vous avez pu voir alors, à
gauche du front de 4o millièmes précédemment défini, de nouvelles
lueurs s'étendant à 5o millièmes en dehors de ce front. Des
projectiles sont tombés dans le voisinage de votre batterie, puis
une rafale a balayé le terrain, en avant d'elle principalement.
Ct de l'artillerie.
Le commandant de batterie a fait abriter son personnel au moment de
la rafale. Puis, sans changer son objectif, c'est-à-dire continuant
à tirer sur les 40 millièmes de front sur lesquels il avait ouvert
le feu, il lancera lui-même les salves qu'il pourra tirer, dans
l'intervalle entre les salves ou les rafales dirigées contre lui.
D. Grâce à votre
défilement et aux procédés mis en œuvre par vous, vous pouvez en
effet continuer à tirer, sans éprouver de pertes sérieuses.
L'ennemi continue, lui aussi, à tirer tant bien que mal sur Raucourt
quant à celles de ses pièces qui sont orientées sur vous, elles ne
sont, d'après ce que vous venez de me dire, nullement
contre-battues.
Comment,
vers 9h20, votre deuxième batterie entre-t-elle en action ? Comment
concevez-vous en outre que le feu de vos deux batteries pourra être
conduit ?
Ct de l'artillerie.
Au moment où la deuxième batterie arrive près de la position à
occuper, je prescris à la première de cesser son feu et d'abriter
son personnel ; puis, j'attends que les rafales de l'ennemi sur la
crête 264 cessent, ce qui ne peut manquer de se produire, car on ne
tire contre une artillerie masquée que lorsque celle-ci accuse sa
présence et son action par son propre tir. Je profiterai alors de
l'accalmie, pour faire mettre en batterie la deuxième batterie, à
droite de la première, sans montrer ni un homme ni un cheval.
En
ce qui concerne la direction des feux, je répartirai entre mes deux
batteries le front sur lequel les lueurs se sont manifestées (45
millièmes à chaque batterie). Lorsque les deux batteries seront
prêtes à ouvrir le feu, la première recommencera à tirer sur les
pièces ennemies qui n'ont cessé de tirer contre Raucourt. Cette
réouverture de feu correspondra sans doute à une reprise de feu
contre ma première batterie, par les pièces précédemment en
action contre elle. C'est alors que ma deuxième batterie commencera
à tirer elle-même sur ces dernières.
D. Je ne doute pas
qu'entre deux artilleries ainsi masquées, la lutte, à cette
distance, puisse se prolonger assez longtemps, sans que l'une d'elles
soit mise nettement en état d'infériorité. C'est ainsi que les
choses se passeraient probablement dans le cas qui nous occupe.
Impossible de pousser l'étude plus loin, dans un exercice sur la
carte.
D. Au
commandant du parti : Vers 10 heures, la chaîne ennemie qui
s'est constituée sur le mouvement de terrain 235, est devenue très
dense elle se porte à l'attaque de la lisière sud du bois de
Ressaincourt, entraînée par de nombreux renforts ; on peut évaluer
à trois bataillons les troupes de cette attaque. En même temps, une
batterie apparaît à 800 mètres sud de Ressaincourt, accompagnant
ce mouvement offensif.
L'infanterie
ennemie pénètre dans le bois, mais se trouve engagée aussitôt
avec le premier bataillon de votre second régiment, qui l'aborde sur
son flanc gauche. Il en résulte un combat sous bois très confus,
aux abords du chemin Mailly, Secourt, et les progrès de l'infanterie
assaillante dans le bois sont pour le moment paralysés.
Mais, pendant ce temps,
la batterie qui a accompagné l'attaque canonne, à 800 mètres, les
lisières de Ressaincourt. Des fractions d'infanterie adverse se
précipitent dans le ravin, pour aborder de là le hameau. Votre
dernière batterie, en position à 9h40 à l'est de Raucourt, appuie
très efficacement, pour le moment, la défense de Ressaincourt, et
paraît vous en garantir jusqu'à nouvel ordre la possession, malgré
la supériorité numérique des effectifs mis en jeu par
l'assaillant.
Comment
envisagez-vous la situation, et quels ordres donnez-vous?
Ct du parti. Mon
rôle de couverture du flanc de l'armée et des communications avec
Metz me commande de durer. Je ne dois pas jouer mon va-tout à 10
heures du matin. Mon adversaire s'est déployé, et a produit un gros
effort offensif : il a montré quatre ou cinq bataillons et trois
batteries environ. Quant à moi, non seulement je ne suis plus en
situation de développer ma contre-attaque, mais, si je voulais me
maintenir à Ressaincourt, il me faudrait engager mes dernières
réserves. Je ne le ferai pas.
Aussi,
à 10 heures, je prends la résolution de rompre le combat, et de
porter ma brigade entre le ruisseau de Berupt et le ruisseau de
Vigny, pour disputer à l'ennemi les débouchés nord de la région
forestière, tandis que mes fractions engagées dans les bois se
replieront sur Secourt.
En conséquence, je donne
les ordres suivants, transmis verbalement aux intéressés :
« La brigade va rompre
le combat et se reporter sur une nouvelle position défensive, à 3
kilomètres en arrière Allémont, ferme Berupt.
«Pour favoriser la
rupture du combat autour de Ressaincourt, le deuxième bataillon du
deuxième régiment contre-attaquera de suite, entre Ressaincourt et
les bois.
«Les troupes engagées
autour de Ressaincourt, sous les ordres du colonel du deuxième
régiment, retraiteront, par le nord du bois de Ressaincourt, sur la
portion de la nouvelle position comprise entre la route incluse
Secourt, Vigny et le bois de Berupt.
«Le bataillon de réserve
générale ira de suite s'établir à Allémont, et sur le mouvement
de terrain situé entre ce hameau et la route Secourt, Vigny.
« Les deux bataillons
engagés à Raucourt et à l'ouest, sous les ordres du colonel du
premier régiment, se déroberont par Saint- Jure et l'ouest
d'Allémont, et viendront s'établir, en réserve, à 800 mètres
nord-est de cette dernière localité, sur la rive gauche du ruisseau
de Vigny.
« L'artillerie ira
s'établir derrière la crête, au sud de Vigny.
« La cavalerie
favorisera la retraite, couvrira le flanc ouest du détachement, et
maintiendra le contact. »
L'exercice se termine, à suivre : la critique de l'arbitre.
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